Aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie.
La plupart du temps on se laisse vivre. On se laisse happer par le train de la vie, mais pas complètement, sinon la vie n'aurait aucun intérêt. Vivre c'est avoir des projets. Encore et toujours. Attendre, espérer quelque chose et ne penser qu'à cela. Des projets déterminants dans notre vie, tout comme de tous petits projets destinés à nous satisfaire à court terme. Etre déprimé c'est ne pas avoir de projets précis en vue, et donc n'avoir aucun échappatoire imaginaire à la routine métro-boulot-dodo.
On se sent vivre lorsqu'on vit des sensations fortes. Des évènements inattendus, ou bien quelque chose dont on ne se serait pas cru capable. On se sent vivre parce qu'on se rend compte de la pluralité, de la complexité de notre être. On ne se connait jamais complètement, mais on peut s'approcher de la verité sur notre identité. "Connais-toi toi même".
L'homme possède deux personnalités. L'une des deux est belle, car touchée par la grâce. C'est notre bonté, ce qui fait de nous un homme civilisé et chrétien. Mais l'homme possède une deuxième face, un côté obscur. C'est lorsque cette deuxième personnalité prend le dessus que l'homme ressemble davantage à un sauvage, à une bête.
Je suis persuadée que certains hommes arrivent à dépasser la dualité de ces deux personnalités pour se consacrer exclusivement à l'une des deux. Pourtant, ce choix, qu'il s'agisse de la première ou de la deuxième des personnalités, rend l'homme inhumain.
Dans le premier cas, si un homme fait le choix de ne conserver que son "bon côté", sa bonté, alors il ressemble davantage à un saint, à un dieu, qu'à un homme. Quant à l'homme qui décide de ne garder que son "mauvais côté" alors il ressemble davantage à un monstre. Par conséquent, toute l'humanité de l'homme réside dans la coexistence de ces deux personnalités. On est sans arrêt déçu par soi-même, mais où serait la joie si, lorsqu'on réussit là où on pensait échouer, on adoptait toujours un comportement "impeccable" ne commettant ainsi jamais d'erreur et s'assurer ainsi (ou presque) la réussite absolue ?
J'essaie de réduire le nombre de bêtises que je peux faire. Mais même si je le voulais, je ne pourrais pas : c'est une force invisible qui agit sur moi et cest ainsi que je me sens exister.



